Je suis dépourvu de foi et ne puis donc être heureux, car un homme qui risque de craindre que sa vie soit une errance absurde vers une mort certaine ne peut être heureux.
Je peux reconnaître que la mer et le vent ne manqueront pas de me survivre et que l’éternité se soucie peu de moi. Mais qui me demande de me soucier de l’éternité ?
Je sais que les rechutes dans le désespoir seront nombreuses et profondes, mais le souvenir du miracle de la libération me porte comme une aile vers un but qui me donne le vertige : une consolation qui soit plus qu’une consolation et plus grande qu’une philosophie, c’est-à-dire une raison de vivre.
Extraits de 'Notre besoin de consolation est impossible à rassasier', Stig Dagerman.
Ci-dessous, lien vers texte intégral: le site se laisse lire avec plaisir...Profitez-en.
http://perso.wanadoo.fr/chabrieres/texts/consolation.html
Il y a ceux qui trouveront ce texte bien sombre, peu réjouissant, bien que la chute incite peut-être à l'optimisme. Mais il suffit de consulter la biographie de l'auteur pour voir que ce n'est pas le cas.
Bref, je ne sais quoi en penser, préférant une appréhension purement esthétique, les mots portent et s'imposent...
Bien sombre le texte mais très intéressant à lire.
[ ]«Il est également absurde de prétendre que l’homme soit fait pour autre chose que pour vivre. Certes, il approvisionne des machines et il écrit des livres, mais il pourrait tout aussi bien faire autre chose. L’important est qu’il fasse ce qu’il fait en toute liberté et en pleine conscience de ce que, comme tout autre détail de la création, il est une fin en soi. Il repose en lui-même comme une pierre sur le sable.»
Bonne journée
* Message modifié par pepero39 le 30-06-05 à 17H29 *